LES RESSOURCES NATURELLES DU SAHARA OCCIDENTAL

 

 L'ACTUALITES DE L'EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES SAHRAOUIES.

Janvier 2004

1) RESSOURCES MARITIMES.

Dans le domaine maritime sahraoui, le Maroc met en danger d'épuisement des richesses halieutiques.

Après avoir excessivement surexploité les céphalopodes du banc de pêche sahraoui, le Maroc s'apprête à récidiver avec les poissons pélagiques. Ceci est le résultat du « cumul de deux décennies de mauvaise gestion » (L'Economiste du 25 décembre 2003) en matière de pêche des céphalopodes (poulpes, calamars et encornets) entre Dakhla et El Aiun.

Le bilan de ces erreurs de gestion se traduit par :

° « une baisse de 77%, par rapport à 2001, du stock des céphalopodes dans ''les provinces du sud'', le Sahara Occidental, (M.A.P. du 24 novembre 2003 et Le Matin du Sahara et du Maghreb N°4278 du 20 novembre 2003),

° « une quasi extinction des céphalopodes dans les zones situées entre 24 et 25 degrés nord, zones considérées comme la plus importante pour la reproduction du poulpe » (Le Matin du Sahara et du Maghreb du 20 novembre 2003) et l'absence de juvéniles dans cette aire (La Gazette du Maroc du 22 décembre 2003),

° des captures en 2003 de 6000 tonnes alors que les quotas des prises étaient de 45 000 tonnes pour cette année (L'Opinion du 23 décembre 2003) et qu'il a été péché 37 000 tonnes de céphalopodes en 2000 et 28 000 tonnes en 2002.

En conséquence :

° « un repos biologique des céphalopodes initialement prévu jusqu'au 12 décembre 2003 a dû être prolongé jusqu'en avril 2004 dans la zone El Aiun Lagouira (L'Economiste du 25 décembre 2003) et pourrait l'être jusqu'en octobre 2004,

° « 35 unités de congélation sur 80 de la province de Dakhla et 50% de celle d'El Aiun vont se reconvertir dans d'autres variétés » (Le Matin du Sahara et du Maghreb du 20 novembre 2003),

° les 40 000 pêcheurs et manutentionnaires qui vivaient de la pêche du poulpe dans le région de Dakhla vont se retrouver au chômage, situation que connaît « une partie du personnel administratif de la plus grosse entreprise du secteur, l'O.MP., l'Omnium Marocain de Pêche » (La Vie Economique du 26 décembre 2003).

Pour sortir de l'impasse de l'épuisement du capital des céphalopodes, le Maroc, qui a dangereusement affaibli cette richesse naturelle sahraouie, va « transférer les activités des usines de congélation du poulpe vers d'autres pêcheries » selon le Ministre Marocain des Pêches Maritimes (M.A.P. du 24 novembre 2003). Elles devraient être alimentées par des autorisations de pêche d'autres espèces, essentiellement des espèces dites pélagiques (sardine, maquereau, thon, chinchard) et ce entre Lagouira et Boujdor (L'Economiste du 11 décembre 2003).

Ainsi le risque est grand de voir le Maroc reproduire, avec ces espèces de poissons, les mêmes erreurs de gestion que celles qui ont entraîné une chute notable des réserves du banc de céphalopodes dans le domaine maritime du Sahara Occidental sur lequel le Maroc n'a aucun droit.

ZONE FRANCHE A EL AIUN.

Des hommes d'affaires canariens demandent la création d'une zone franche au Sahara Occidental. Celle-ci devrait avoir une superficie de 500 hectares et être implantée autour du port d'El Aiun. Les opérateurs économiques espagnols intéressés par ce projet visent à la création d'une plate forme d'exportation vers l'Afrique de l'ouest (La Gazette du Maroc N°543 du 24 novembre 2003).

2) LE TOURISME

Des sociétés européennes vont exploiter des ressources balnéaires sahraouies.

La côte atlantique du Sahara Occidental possède près de Dakhla quelques un des meilleurs sites mondiaux des sports de glisse. L'O.N.M.T., l'Office National du Tourisme Marocain, a proposé au Tour-Opérateur français « Sport Away Voyage » d'exploiter certains de ces sites qui figurent maintenant sur la liste des destinations proposées par ce T.O. (www.lematin.ma/journal du 7 décembre 2003 et www.leconomiste.com du 17 décembre 2003)

D'autres projets touristiques sont à l'étude dont celui « d'un opérateur italien qui compte construire un complexe pouvant accueillir entre 150 et 200 touristes par semaine ».

L'existence d'une source sulfureuse dans la région de Dakhla devrait faire l'objet d'une mise en valeur par un opérateur belge qui espère attirer une partie des 12 millions de touristes séjournant dans les proches Îles Canaries. C'est dans cette optique qu'un accord a été signé entre les Chambres professionnelles de Dakhla et des Canaries. (www.lematin.ma/economic du 1er. décembre 2003)

3) L'AGRICULTURE

Le C.R.I., le Centre Régional d'Investissement, de Dakhla compte, avec l'aide d'investisseurs étrangers, poursuivre l'extension de l'agriculture hors-sol à haute valeur ajoutée et produisant légumes et bananes. Celle ci fonctionne déjà dans les domaines de Tinghir et Taourhta. Le C.R.I. cherche aussi à développer l'élevage de l'autruche, un animal endémique qui a disparu du sud-ouest saharien, et promouvoir celui du chameau (www.lematin.ma/economic du 1er. décembre 2003).

4) RICHESSES MINIERES : Relevés géochimiques chinois au Sahara Occidental.

« Gros importateur d'acide phosphorique du Maroc, la Chine va en partie financer l'élaboration de cartes géochimiques (composition des roches, des minéraux, des eaux et des gaz) dans la région du sud de Guelmim-Smara » zone à cheval sur le Sahara Occidental et le Maroc (Maghreb Confidentiel N°568 du 5 septembre.2002).

5) C00PERATION INTERNATIONALE AU SAHARA OCCIDENTAL

« Associés à un espace de coopération internationale, « les provinces du sud » bénéficient d'un soutien financier européen ». Tel est le titre d'un article du Matin du Sahara et du Maghreb en date du 24 novembre 2003 (www.lematin.co.ma)

Il existe dans le nord ouest africain un regroupement régional appelé Macaronesia qui rassemble les Îles Canaries, les Açores, le Cap Vert et Madère. Ces entités géographico-politiques ont établi des accords de collaboration commerciale et de développement et qui profitent d'un fonds de soutien interrégional de la part de l'Union Européenne.

« Lors d'une rencontre aux Açores, à Ponta Delgada, les 22 et 23 novembre 2003, rencontre qui a regroupé les représentants des gouvernements autonome et régional des Îles Canaries, des Açores, et les représentants des Chambres de Commerce de Teneriffe, Las Palmas, des Açores et du Cap Vert, « les provinces du sud », ont été admises à l'unanimité des membres du Conseil Supérieur des régions de Macaronesia comme membre à part entière ».

Il a été décidé d'ouvrir une représentation officielle à El Aiun et de financer quatre projets de coopération économique d'un montant de 200 000 Euros à El Aiun et Dakhla.

Le Maroc cherche ainsi à faire avaliser par la Communauté Internationale son occupation du Sahara Occidental.

Un des artisans de cet accord est « le député d'El Aiun au parlement marocain, Monsieur Hassan Derham, prospère homme d'affaires dans le sud du royaume » (Maroc Hebdo International N°582)

Philippe Riché, début janvier 2004


[ARSO] -[Dossier Ressources naturelles du Sahara Occidental]