Sahara Occidental

Le référendum qui n'a pas eu lieu et celui qui

pourrait encore avoir lieu

Discours de l'honorable Franck Ruddy

qui fut Ambassadeur des Etats-Unis

The Middle East Institute - 19 juin 1998

 

En 1975, le Secrétaire Général Kurt Waldheim envoya André Lewin en mission diplomatique auprès du Maroc, Mauritanie et Algérie pour une ultime tentative en vue d'éviter la guerre au Sahara Occidental alors Sahara Espagnol, que le Roi Hassan II du Maroc s'apprêtait à envahir. Lewin échoua. L'an dernier, le nouveau secrétaire général des Nations Unies a demandé à l'ex-secrétaire d'Etat James Baker de faire le point sur les différentes démarches de Lewin et de débrouiller ce nouveau gâchis au Sahara Occidental qu'entre temps le Maroc a transformé en camp de concentration aussi grand que le Colorado.

Le Maroc se trouvait en guerre avec le Polisario au Sahara Occidental de 1975 à 1991 lorsqu'il y eut un cessez le feu organisé par les Nations Unies. En échange du cessez le feu, il devait y avoir un référendum sous les auspices des Nations Unies pour permettre aux autochtones du Sahara Occidental de décider s'ils voulaient être indépendants ou rattachés au Maroc. C'était simple. Le référendum était prévu pour 1992, mais pour des raisons que je vais approfondir, il fut remis plusieurs fois à plus tard jusqu'à être remis sine die en 1996. Le travail de Baker était de remettre le référendum à l'ordre du jour. A la surprise de beaucoup, Baker, champion de l'ordre d'un monde nouveau et ex initiateur de la coalition dans la guerre du golfe, accepta le défi. Non seulement il accepta mais il réussit. Après de longues tractations diplomatiques, M. Baker parvint à mettre d'accord les deux parties Maroc et Polisario à Houston avec proposition d'identification des votants, rapatriement des réfugiés, maintien des troupes, code de conduite qui, si appliqué de bonne foi, permettrait de parvenir à un référendum libre et honnête.

Ce furent les accords de Houston qui permirent de préparer la réalisation du référendum jusqu'à tardivement cette année, avec un vote effectif anticipé pour le début de décembre 1998. Cela ne semble plus être possible pour décembre et, triste à dire, nous constatons la même mauvaise foi et les mêmes tactiques d'obstruction qui ont fait échouer le référendum auparavant. Je ne suis pas, soit dit en passant et comme on pourra s'en apercevoir rapidement, un spécialiste des questions arabes ou de cette région du monde. Je ne suis qu'un témoin mais comme l'a dit un grand philosophe, Woody Allen, je crois : le fait d'être là c'est 90 % de quelque chose mais j'ai oublié de quoi. Avant que je fasse des commentaires sur les perspectives d'un libre et honnête référendum cette fois-ci, laissez-moi vous expliquer comment les choses en sont arrivées là.

Le Sahara Occidental était le Sahara Espagnol. Pendant des années, l'Espagne a refusé de céder aux demandes des Nations Unies. En 1974, l'Espagne ne faisait pas qu'échanger des messages diplomatiques avec les Nations Unies mais était en guerre avec le Front Polisario, guerre qui, comme maintenant, était un mouvement d'indépendance des autochtones. Voisin de l'Espagne, le Portugal abandonnait l'Angola, le Mozambique et la Guinée Bissau en 1972 après des guerres coûteuses et en août 1974, l'Espagne avisait les Nations Unies qu'elle se rangeait à leur point de vue et proposait un référendum pour permettre aux populations du Sahara Occidental (appelés sahraouis) de dire s'ils voulaient leur indépendance. A la suite de quoi, le Maroc annonça qu'il refuserait tout référendum qui impliquait l'indépendance pour les Sahraouis parce qu'ils faisaient partie du Maroc tout comme le Sahara Occidental dont les marocains annonçaient qu'ils le reprendraient par quelque moyen que ce soit.

Ne tenant pas compte du conseil de Perry Masson qui est de ne jamais poser une question pour laquelle vous n'avez pas de réponse, le Maroc consulta la Cour Internationale de Justice et, le 16 octobre 1975, la Cour considéra les revendications du Maroc sur cette région, se référant à l'histoire tout comme l'Irak pour justifier son invasion du Koweït, trop peu justifiées pour créer des droits légaux et intangibles sur le territoire. La Cour rejeta la revendication du Maroc et réaffirma le droit des Sahraouis au référendum. Droit reconnu par les Nations Unies et pour lequel l'Espagne avait fait le travail de base en organisant le recensement de ceux qui avaient le droit de vote (votants éligibles).

Selon une interprétation à la manière d'Alice au pays des merveilles comme dirait mon professeur de droit, Thomas Frank de l'Université de New York, le Roi Hassan affirma que ce que voulait dire la Cour Internationale en rejetant la revendication du Maroc était que celui-ci avait raison et dans une atmosphère de guerre sainte, il annonça la mobilisation de 350.000 volontaires civils pour marcher sur la colonie espagnole et "rejoindre nos frères". L'invasion appelée par euphémisme la Marche Verte (le vert est la couleur sacrée de l'Islam) eut lieu le 6 novembre, en dépit de la mission de M. Lewin. Ce n'était pas aller très loin mais le Rubicon était franchi.

Le Maroc ne se retirerait jamais. Dans la bouche d'Hassan, c'était le désir de Dieu "Dieu a couronné nos démarches de succès et nous avons regagné nos foyers couverts de gloire et de grandeur car nous avons engagé notre lutte la foi au cur".

Le leader soviétique Leonid Brejnev disait toujours la même chose en termes plus laïques "ce que nous avons pris, nous le gardons".

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, y compris les USA bien sûr, ont condamné pour garder la face mais n'ont rien fait pour contrer l'agression marocaine.

Le 14 novembre 1975, presque un mois jour pour jour après que la Cour Internationale ait statué contre le Maroc et réaffirmé le droit des Sahraouis au référendum, l'Espagne, sous la pression américaine et française, et selon les accords de Madrid, cédait le Sahara Occidental au Maroc et à la Mauritanie, transfert qui était nul et non avenu sur le plan de la légalité.

Soudain le colonialisme et le référendum pour le Sahara Occidental dont le Secrétaire Général avait dit que c'était si important, ne l'étaient plus, non plus que l'ironie de deux ex colonies africaines partageant leurs propres colonies. En tout cas, au cours d'un des épisodes les plus houleux de leur longue histoire, les Espagnols se sont enfuis en courant, comme l'on dit ils se sont volatilisés, emportant tout, exhumant même leurs morts pour les enterrer en terre espagnole.

Le vide créé par le retrait des Espagnols eut pour résultat une guerre entre le Polisario représentant les Sahraouis et leurs nouveaux colonisateurs. La Mauritanie pas trop d'accord avec la guerre mais ayant subi la pression du Maroc puis réalisant que, selon la logique des revendications marocaines, ce serait à son tour d'être annexée après le Sahara Occidental, abandonna après avoir essuyé une défaite contre le Polisario et renonça à ses revendications sur cette zone.

Bien sûr, le Maroc réclama la partie du Sahara Occidental auquel la Mauritanie avait renoncé et la guerre entre le Polisario et le Maroc se poursuivit jusqu'au cessez le feu de 1991 lorsque les Nations Unies décidèrent de créer une mission de paix appelée MINURSO pour organiser le référendum, ce que l'Espagne était supposée faire en 1975.

Ma brève carrière aux Nations Unies

Je suis entré en fonction en 1994. Lla MINURSO existait depuis 3 ans environ et se remettait tout juste d'un scandale dans lequel un membre des Nations Unies avait transmis des données sensibles du Polisario aux Marocains. Les Nations Unies considérèrent qu'avoir un américain en vue pourrait assurer que la MINURSO serait ce qu'il y a de mieux, au-dessus de tout reproche.

Le Département d'Etat me recommanda. Ce serait à moi de mener le référendum.

J'avais vu le film et si George Patton aimait tant les marocains, je savais qu'ils devaient se montrer corrects pendant le référendum. Un des plus vieux alliés des Etats Unis rempart contre le terrorisme islamique, soutien au Moyen Orient, le Maroc c'était bien et certainement mieux que le Polisario : guérilleros c'est sûr, marxistes peut-être.

Je n'étais vraiment pas sûr de ce qu'ils étaient mais ils avaient de mauvaises fréquentations du temps de la guerre froide et ils n'attiraient pas beaucoup ma sympathie maintenant que ces amis n'étaient plus là. Pendant ma visite au Département d'Etat avant mon départ, le chargé des questions Nord Africaines Steve Buck souligna l'attitude impartiale des Etats Unis : "Pas touche au référendum, c'est notre politique tout comme celle de l'administration Bush". Je m'attendais que d'un clin d'il il me fasse comprendre que bien sûr le Maroc devait gagner le référendum mais il ne le fit pas. Il ne le fit jamais.

Les limites du Maroc

Le Maroc considère le Sahara Occidental comme une province marocaine, va jusqu'à l'inclure dans son recensement national et se montre susceptible auprès de ceux qui ne pensent pas ainsi.

Ne mettez pas "Maroc" après Sahara Occidental quand vous envoyez une lettre et elle sera réexpédiée. Que quelqu'un pose une question à propos du droit du Maroc à être là, il se retrouve en tôle. En 1996, un groupe d'adolescents protestant pacifiquement contre l'occupation marocaine en ont pris pour 15 ans de prison. Cet aimable libertaire d'Hassan II ramena la sentence à un an. Non seulement Rabat dit le Sahara Occidental appartient au Maroc mais Allah le dit aussi. Ce n'est pas seulement un crime mais une faute de dire le contraire.

Les acteurs

Comme toute bonne pièce de théâtre, le référendum a ses personnages. Certains ont été remplacés, d'autres continuent, tous membres de la troupe.

Les conseillers

Le Roi Hassan a fait du Ministre de l'Intérieur Driss Basri, le responsable du Sahara Occidental. Basri est connu dans les associations des Droits de l'Homme comme le "Boucher Basri" qui n'arrive pas à traiter les prisonniers politiques avec autant de déférence qu'il veut bien le dire. Basri c'est l'homme qui fonce quand le roi veut des résultats. La plaisanterie un jour où j'étais là, était la demande du Président Mobutu au Conseiller du Roi Hassan d'organiser les élections présidentielles au Zaïre. Hassan envoya Basri. Mobutu perdit et se plaignit amèrement auprès de Hassan qui convoqua Basri pour s'expliquer. "Mobutu" répliqua Basri "Vous avez gagné les élections Majesté par 6 millions de vote". Le Maroc n'a pas l'intention de perdre le Sahara Occidental. Le boulot de Basri c'est de faire que ce soit légal. En 1740, après avoir juré dans un traité solennel de ne rien faire, Frédéric Le Grand envahit la Silésie. "Vous manipulez les lois" dit-il à son ministre Podewils, "j'ai donné l'ordre de marche". Basri est le Podewils de Hassan.

Bertie Wooster

Pour traiter avec le "boucher Basri", au nom de la MINURSO se trouvait le représentant personnel de Boutros Ghali, Erik Jensen.

Né au Danemark, élevé en Angleterre, Jensen devint Malais dans son parcours.

Jensen était tout juste la personne capable de recevoir des visites le week-end mais l'homme qu'il ne fallait pas pour le poste où il était. Comme sa collègue des Nations Unies, Margaret Anstee qui a saboté les élections en Angola, Jensen n'était pas quelqu'un de fiable ni quelqu'un que les hommes politiques prenaient au sérieux. Bertie Wooster dans un costume de Safari. Une fois que je lui demandai pourquoi il n'avait pas protesté quand Basri avait arbitrairement interdit à la MINURSO d'annoncer le référendum dans la presse, Jensen répondit "il a hurlé ! que pouvais-je faire ?".

Le capitaine Segura

Basri venait rarement à la MINURSO lui-même mais il envoyait son larbin en chef, un flic d'un des services de sécurité (il y a 5 services de sécurité au Maroc, se surveillant les uns les autres). Il s'appelait Azmi et il ressemblait a ce charmant et retors capitaine Segura dans "notre homme à Servana" de Graham Greene. Azmi pensait que les Nations Unies n'avaient rien à faire au Sahara Occidental et ses gangsters harcelaient le personnel des Nations Unies tout comme Segura surveillait les expatriés dans la Havana de Batista. Et l'obséquieux Jensen se comportait comme son assistant, venant aux réunions quand Azmi les convoquait et d'un claquement des doigts attirait l'attention comme un élève officier lorsqu'Azmi arrivait et demeurait sur le qui vive jusqu'à ce qu'on l'autorise à partir. Quand Azmi dit "il n'y aura plus d'inscription de votants à Madrid ou aux Canaries, ils n'étaient pas inscrits même si c'était le travail de Jensen. Si Azmi ne voulait pas que Jensen inscrive les nomades du désert, ils n'étaient pas inscrits".

Notre homme à Rabat

Jensen n'admirait pas les Etats Unis disant qu'il y avait une sorte de malhonnêteté internationale, et que les Nations Unies existent pour mettre un frein et non les Etats Unis. L'Ambassadeur au Maroc Marc Ginsburg qui, aux yeux de Jensen, représentait la catégorie la plus basse de la diplomatie : un ambassadeur politique qui ne savait "que foutre le bordel", phrase de Jensen, en s'impliquant dans le référendum. Néanmoins, Jensen devait rencontrer Ginsburg de temps en temps et Jensen sortait de ces réunions comme il disait souvent, convaincu que les Etats Unis n'étaient pas les observateurs désintéressés du référendum comme ils le proclamaient mais avaient beaucoup de parti-pris, une des phrases favorites de Jensen, très pro Maroc. Je ne pouvais pas avaler cela jusqu'à ce que je rencontre Ginsburg le 4 juillet en même temps que le responsable politique Kirk McBride et mentionnait les impressions de Jensen.

J'énonçais le baratin de Steve Buck au Département d'Etat au sujet de la politique des Etats Unis, devant me débarrasser du référendum. "Ce n'est pas la manière dont la Maison Blanche voit cela" répliqua Ginsburg. J'ai compris pourquoi Jensen avait retenu cette impression sur la politique des Etats Unis. Il me semblait bien que l'Ambassade des Etats Unis, au moins, avait pris parti.

Che Guevara et Compagnie

J'arrivais à la MINURSO, pas du tout supporter du Polisario. Comme si leur réputation n'était pas assez mauvaise pour le Reaganiste que j'étais, ils vivaient dans une partie de l'Algérie Occidentale qui ressemblait à un décor tiré de Mad Max, où les températures estivales pouvaient atteindre 73° C, et s'habillaient de façon étrange avec ce qui ressemblait à du crêpe noir enroulé autour de la tête. Quand j'arrivai dans leur camp, je m'attendais à être accueilli par un Che Guevara du désert mais leur porte-parole ressemblait plus à David Niven. Poli, réservé, il parlait l'Anglais, l'Espagnol aussi bien que le Français et l'Arabe.

La seule concession que je puisse faire à mon imagination était sa tenue militaire. Comme son patron, le numéro un du Polisario, il dormait sous une tente semblable à toutes les autres. Comme j'ai pu l'observer, il n'y avait pas de privilège de classe, pas de nomenclature. Les personnages officiels étaient élus, les femmes à des postes clés, chose rare dans le monde arabe. A Layoune où nous séjournâmes au Sahara Occidental, les Nations Unies nous firent descendre au Club Méditerranée (vraiment) et nous servirent confit de canard et médaillon de veau mais dans le désert avec le Polisario, nous eûmes du chameau, fruit en boîte et thé sucré.

Le système de Caste

Aux Nations Unies, fonctionne un système de caste, et les membres du Polisario comme représentants venant d'un endroit sans importance sont supposés connaître leur place et quand ils l'oublient, on le leur rappelle.

Quand Boutros Ghali était à Bujumbura il y a quelque temps de là, comme le New York Times le racontait, il pointa du doigt vers une pièce où se trouvaient des membres des gouvernements comme s'ils étaient des élèves dévergondés. Il s'adressa à eux en criant comme un vice-roi colonial admonestant des indigènes importuns.

Il recommença sa mascarade à l'égard des officiels africains au Rwanda, Angola, Ouganda, Zaïre et Ethiopie. Boutros Ghali s'adressait aux gens comme à des êtres inférieurs, bien sûr il ne s'adressait pas de cette façon aux gens comme il faut, comme par exemple à son vieil ami Nord Africain le Roi Hassan, mais envers les inférieurs, il pouvait être un "sale type".

Quand Boutros Ghali rencontra le Polisario, leur David Niven suggéra un petit changement pour améliorer le référendum.

Boutros Ghali le traita comme un inférieur. Il ne dit pas seulement "taisez-vous" ce qui aurait été déjà assez impoli mais "fermez-là" vocabulaire digne d'un chien. Le Polisario arrogant dût être remis à sa place.

Les Cheiks

Les camps du Polisario sont comme un pays fantôme, chaque camp à le nom d'une ville du Sahara Occidental, là où les membres du Polisario ont toute leur famille : parents, frères, soeurs, enfants et dans certains cas leurs épouses. Les hommes en âge de combattre sont sur le front et les camps sont surtout habités par des femmes, enfants et vieillards. Les vieillards comprennent de nombreux cheikhs, chefs tribaux dont l'autorité remonte avant l'arrivée de l'Islam en Afrique du Nord. Pas des cheikhs à la Rudolph Valentino, mais des hommes âgés aux visages burinés par le temps, comme des sculptures, pleins de dignité, des vieux sages qui ont passé leur vie dans le désert, comme leurs pères et leurs ancêtres, aussi loin qu'ils puissent se souvenir et qui étaient considérés par tous les Sahraouis comme des saints aussi bien que comme des chefs. Jusqu'à ce que, comme cela a été consigné dans le rapport sur les droits de l'homme en 1995, les Marocains commencent à les suborner.

Portant leurs plus beaux costumes, assis sous des tentes sur de riches tapis, ces "chioukh" m'ont parlé en Espagnol, me disant combien ils mettaient leur vie en péril en chassant les Espagnols et les Marocains de leur pays et combien ils étaient prêts à la risquer de nouveau.

Un ancien fut fier d'annoncer que son fils avait été tué dans le combat contre les Marocains. J'étais très optimiste à propos du référendum mais ils me dirent poliment qu'ils avaient déjà entendu cet air là auparavant et qu'ils ne pensaient pas que les Nations Unies pourraient empêcher le Maroc de le saboter.

"Démentirez-vous que c'est inexact" dirent-ils. "Maintenez le référendum. Nous sommes dans le désert depuis 20 ans sans voir nos familles qui sont au Sahara Occidental. Nous n'avons pas d'avenir dans le désert. Nos enfants non plus. Maintenez le référendum. Etre réunis avec nos familles, c'est ce que nous voulons".

Peut-être les camps du Polisario étaient ils comme un grand village Potemkine et peut-être que tous les cheikhs que j'ai rencontrés pleuraient la misère de façon orchestrée comme les gens de chez Castro font auprès des visiteurs naïfs à Cuba. J'ai assisté à la messe avec ce vieux gangster de Julius Nyerere à Dar Es Salaam, j'ai partagé la bouillie au gruau avec feu Seiku Toure qui n'a pas inspiré de grands regrets en Guinée, bu et dîné avec le dernier grand kleptocrate Mobutu Sese Seku (avide de pouvoir) et j'ai été dénoncé comme espion, et ai été réellement la cible de la chasse à l'homme par le Président actuel du Bénin, Kerekou.

En un mot, j'ai eu affaire aux plus grands arnaqueurs de l'Afrique et je pense pouvoir repérer maintenant, quand quelqu'un me raconte des histoires. Je pensais que les cheikhs étaient du genre honnête, et plus important, ils ne désiraient que ce que pour quoi j'étais là, un référendum libre et honnête.

Le mélodrame marocain

En août 1994, la nuit avant que ne commence l'identification des votants, première étape du référendum, Azmi mit Jensen en vedette dans la salle à manger du Club Méditerranée devant les membres des Nations Unies et officiels marocains et lui ordonna de baisser le drapeau des Nations Unies des bâtiments où l'identification devait avoir lieu. C'était bien sûr un test mais Jensen s'effondra immédiatement, c'est ce que les Espagnols appellent avoir honte de l'autre.

Le drapeau n'avait aucune importance bien sûr. C'était juste une petite démonstration pour rappeler à chacun qui commandait.

Lorsque les agents de la sécurité marocaine arrivèrent le lendemain déguisés en journalistes de télévision pour filmer et intimider tous les Sahraouis qui venaient participer au référendum, Jensen leur donnant carte blanche. Bien sûr, aucun moment de ces enregistrements ne parurent sur les écrans marocains.

Allées et venues

Selon le système établi par Jensen, les Sahraouis vivant au Sahara Occidental devaient se faire inscrire pour le référendum, non pas sous l'autorité des Nations Unies comme prévu mais sous l'autorité marocaine et bien sûr, comme les Sahraouis nous le dirent avec amertume, les marocains "perdirent" de nombreuses listes". (nous savions, d'après les documents envoyés par les marocains qu'ils ajoutaient 100.000 resquilleurs vivant au Maroc). Les Sahraouis dont les inscriptions n'étaient pas perdues devaient encore se rendre à la MINURSO pour être interrogés. C'était plus facile à dire qu'à faire. Il y a un flic marocain tous les 100 mètres dans une ville comme Layoune. Il ne semble pas qu'il y ait le droit de parler ou de se rassembler. Aucun citoyen ordinaire du Sahara Occidental n'a la droit de parler au personnel des Nations Unies, ni même d'entrer dans les hôtels où se trouvent les membres des Nations Unies ou même d'approcher à 200 mètres des bâtiments des Nations Unies, y compris ceux où se passait le référendum, sans une autorisation marocaine. Comme ils sont stricts !

Les Marocains ont empêché un vieux prêtre Espagnol de 84 ans qui avait passé 50 ans au Sahara Occidental de dîner avec moi au Club Méditerranée.

Le seul moyen pour les Sahraouis de rejoindre la MINURSO pour être identifiés sans se faire arrêter étaient d'utiliser les bus spéciaux de la Sécurité Marocaine et comme les Sahraouis qui ont pu nous contacter nous l'ont dit à plusieurs reprises : les autorités marocaines ont décidé lesquels des Sahraouis inscrits monteraient dans le bus et l'ont interdit aux autres, leur refusant toute chance de voter.

Touche finale : les Sahraouis qui avaient résisté au rouleau compresseur des tracasseries marocaines et avaient réussi à se faire interviewer à la MINURSO eurent un reçu qui leur servirait par la suite de bulletin de vote. Lorsque les Sahraouis reprenaient les mêmes bus de la Sécurité avec lesquels ils revenaient chez eux, la Police Marocaine les forçaient à rendre les reçus qu'ils avaient obtenus à la MINURSO. Littéralement, on les faisait tourner en rond.

La terreur marocaine

Le gangstérisme du Maroc m'a rappelé une mauvaise période passée en Afrique du Sud. L'identification des Sahraouis demanderait, s'il y avait une possibilité quelconque, que nous continuions de veiller sur eux. Ils craignaient seulement de disparaître. En même temps, ils craignaient qu'on les voit parler à des membres des Nations Unies dans la rue. Les commerçants nous demandaient de venir faire un tour pour acheter du dentifrice ou quelque chose comme cela pour vérifier s'ils étaient encore là. Leurs craintes me rappelait ce voyage en Afrique du Sud au début des années 1970 avec le Président de la NAACP Roy Wilkins. Les noirs racontaient à M. Wilkins, moi écoutant à l'abri dans notre ambassade, des histoires horribles de sévices par des corps spéciaux et des disparitions. Puis le lendemain, dans la rue, ces mêmes personnes faisaient celles qui ne vous connaissaient pas. Ils étaient terrifiés et il y avait de bonnes raisons. De même pour les Sahraouis.

Indifférence cynique ?

Régulièrement, nous transmettions ces horreurs à Erik Jensen et ni lui ni les Nations Unies ne firent quelque chose. Mais les Nations Unies ne purent cacher ce banditisme du Maroc qui rapidement devint une plaisanterie. Comme Chris Hedges l'a rapporté dans le New York Times,les diplomates étrangers à Rabat s'amusaient du cynisme des marocains, mais les observateurs non marocains, y compris les marocains eux-mêmes auxquels j'ai parlé alors ou depuis étaient véritablement surpris par les tactiques marocaines pour contrôler le référendum à tout prix.

Les Etats-Unis savaient certainement de quoi ils étaient capables. Régulièrement, nous passions au compte rendu du membre politique de l'Ambassade Wirk McBride sur ce qui se passait quand il se rendait à la MINURSO. Entre autres à propos de ceux qui voient des rendez-vous ou des conspirations de la droite, partout, Kaatlyn Thomas, condisciple de Mme Clinton à Wellesley et qui a participé à la campagne de Mr Clinton travaillait à la MINURSO a personnellement envoyé un message aux services de l'Ambassadeur Madeleine Albright disant que le Maroc transformait le référendum en une pure comédie.

Les services secrets américains savaient ce qui se passait là. Un membre de la CIA m'avait demandé pendant l'été 1994 comment je pouvais expliquer que la MINURSO soit à la solde du Maroc. "Etait-ce de la corruption ou Jensen était-il trop faible ?".

L'armée U.S. y compris le général commandant les forces de paix américaines assignées là pour le maintien de la paix, qui s'était rendu à la MINURSO, reçurent un message du colonel de l'armée américaine Dan Magee, indiquant ce qui se passait. Raison pour laquelle le New York Times et la Ligue des Droits de l'Homme pouvaient confirmer les abus de pouvoir des marocains sur les Sahraouis et le référendum se passer comme tout le monde l'avait prévu.

Solidarité : une réunion de famille

Si les Marocains avaient quelques doutes sur les sympathies des Sahraouis, ils furent dissipés une fois que les Sahraouis se furent retrouvés tandis que les formalités du référendum se mettaient en place. Ces séries d'interview devinrent des réunions de familles. Il y eut des larmes, des rires, des lamentations, des évanouissements, tandis que les Sahraouis venus des régions sous contrôle du Maroc embrassaient leurs vieux amis, leurs familles venues des camps Polisario. 20 années de nouvelles condensées en de longues minutes et des lettres de familles passées en fraude, à l'insu des censeurs marocains. Cela rappelle la visite du Pape en Pologne communiste. Solidarité des membres d'un seul peuple étroitement liés les uns aux autres et non soumis à une idéologie étrangère.

Il ne vint pas à l'esprit de Margaret Mead de prévoir que le référendum ne serait pas politique ou idéologique. En remontant à 1975, une mission d'information des Nations Unies envoyée au Sahara Occidental pour analyser les réactions conclut que les Sahraouis étaient très en faveur de l'indépendance. Rien n'a changé. De nouveau le référendum aura lieu pour savoir si les Sahraouis veulent former un seul peuple et ceci sera impossible s'ils restent séparés par l'occupation marocaine.

Plan B

En cas d'échec du référendum, le Maroc ne pourrait pas faire valoir son bon droit à être là mais, au moins il garderait le Sahara Occidental.

Aussi, le Maroc changea-t-il d'attitude et comme les Nord Coréens dans les discussions de paix du Panmujang discutant de l'importance de la table des négociations, le Maroc opta pour une suspension du référendum en faisant obstruction à chaque étape. Le rythme de travail du référendum se plaignait le Maroc, était tantôt trop mou, tantôt trop intense. Il a fallu faire une planification toutes les semaines et ce fut Azmi le marocain, non Jensen le responsable des Nations Unies qui décida quand la mission devait travailler.

Une des meilleures ruses se dévoila à l'automne 1994 lorsque, comme venant de chez Ionesco Mr Azmi freina le déroulement du référendum pendant plus d'une semaine avec un coût de $ 100.00 par jour pour les Nations Unies, parce qu'il s'opposait à un adverbe employé dans un document de la MINURSO et exigeait que le sujet soit traité par un échange de correspondance. Avec un telle tactique, sans protestation de Jensen ou des Nations Unies, Azmi prenait le contrôle du calendrier au jour le jour de la mission des Nations Unies. Vers la fin de 1994, je me présentais à Jensen et Azmi ensemble. N'existait même plus, l'illusion d'une MINURSO indépendante.

Le congrès

Mon contrat expirait fin 1994 mais avant de partir j'envoyais un fax à Kofi Annan alors à la tête des Nations Unies , rapport de paix décrivant quelle comédie le référendum était devenu et offrant de venir à New York pour discuter du référendum avec lui. Ses services rencontrèrent les services de l'Ambassadeur Allbright et sa réponse revint : ce que j'avais mentionné "n'était pas grave".

Ce serait la fin de mon histoire si on ne m'avait pas demandé d'attester en janvier 1995, avant que le sous comité de la Chambre de dotation n'examine les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. J'étais du menu fretin par rapport à l'Ambassadeur Kirk Patrick, l'ancien avocat du gouverneur Thornburgh et d'autres personnages connus et je ne fis rien de plus que de lire une partie d'un rapport préparé, soulignant le gangstérisme du Maroc au Sahara Occidental et les médias envoyèrent ce rapport dans le monde entier. Le New York Times dépêcha Chris Hedges à Layoune pour s'informer et le 5 mars 1995 il confirma "que les responsables des Nations Unies précédents et actuels disent que le Maroc essaie de prendre le contrôle du vote et de maintenir sa position dans cette région. Le Maroc se brancha sur les téléphones des Nations Unies, confisqua des documents aux votants dans la plus grande ville de la région et refusa aux autres le droit d'entrer dans les centres d'inscription dirent les responsables et résidents.

Plus tard, la même année, après une visite à la MINURSO, la Ligue des Droits de l'Homme fit circuler un réquisitoire amer de la MINURSO et de son lâche abandon du référendum et du droit à l'autodétermination des Sahraouis.

Gardant les gardiens

Comme le Capitaine Renault à Casablanca, les Nations Unies étaient plus que choquées de lire tous ces rapports sur les abus de pouvoir au Sahara Occidental, et s'employèrent d'abord à faire barrage à toute cette contre publicité en demandant au tout nouvel Inspecteur des Nations Unies de rétablir une situation honnête mais ils n'ont même pas pu. L'inspecteur général dut admettre que tant qu'il était sous l'autorité des Nations Unies, il était impuissant sur les gangsters marocains comme Hedgs l'avait signalé car cela pouvait l'amener à critiquer un membre des Nations Unies et cela ne se faisait absolument pas. Apparemment, aux Nations Unies, vous avez le droit d'inspecter aussi longtemps que vous ne cherchez pas la petite bête.

Que l'inspection n'était qu'une comédie se retrouva dans l'interview de l'équipe d'inspection d'un couple d'américains.

L'inspecteur des Nations Unies dit à Mara Hanna de Pittsburgh alors qu'elle relatait publiquement les faits à Capitol Hill : "Fermez votre gueule si vous voulez encore travailler pour les Nations Unies". Elle termina son discours et comme prévu, elle fut blackboulée par le Colonel Dan Magee des Nations Unies commandant des Forces Américaines à la MINURSO. qui dit que son interview n'était que "Salut, comment allez-vous" et l'inspecteur ne prit pas de note. L'ancien assistant avocat du gouvernement, John Bolton dit que si l'inspecteur général d'une agence gouvernementale des Etats Unis avait produit un tel rapport, sa démission aurait été demandée avant que l'encre ne soit sèche. Dans les jours précédant la parution du rapport, l'Ambassadeur argentin des Nations Unies, Emilio Cardenas dit à propos du rapport dans le Washington Post "La mission s'est complètement enlisée (MINURSO) et que tout ce que nous entendons des Nations Unies ne sont que d'immenses racontars".

Le référendum a entraîné un coût d'un quart de million de dollars (mille millions de dollars, un quart de mille millions de dollars = 250 millions de dollars), soit environ 2500 dollars pour chaque sahraoui qui n'irait jamais voter. Grâce aux accords de Houston, l'identification des candidats au vote reprit en décembre 1997 et sous l'autorité d'un nouvel ambassadeur nommé spécialement Charles Dunbar, 127.472 personnes ont été identifiées jusqu'à encore la semaine dernière. Il y a moins de 30.000 personnes venant de tribus non contestées à être convoquées mais il y a une pierre d'achoppement dans un autre groupe de 65.000 marocains avec des papiers d'identité douteux, gens venant de tribus seulement liées de façon marginale au Sahara Occidental. Le Polisario maintient que puisque ces 65.000 personnes vivent au Maroc, seulement ceux qui sont sur les fiches du recensement espagnol de 1974 (il y avait 74.000 noms) peuvent être identifiés. Pour des raisons évidentes, autoriser 65.000 marocains à voter pour l'avenir du Sahara Occidental aurait pu faire tiquer le Major Daley. Les accords d'Houston ne sont pas, après tout, un pacte suicidaire. Néanmoins, c'est la position du Maroc d'exiger que tous les 65.000 soit identifiés.

Le Secrétaire Général Kofi Annan a proposé un compromis selon lequel 4.000 de ces 65.000 soient identifiés comme test. On n'a pas réussi à proposer une date même si c'est une concession faite aux marocains qui, tout comme le Polisario, se sont mis d'accord aux Accords de Houston pour ne pas faire ce qu'en fait ils font maintenant, pousser les membres de ces tribus contestées à se faire identifier.

Mauvaise foi

En plus de ce problème des 65.000 membres des tribus contestées, on doit se demander ce que le Maroc prépare dans ses démonstrations gouvernementales orchestrées en face des structures des Nations Unies au Sahara Occidental et dans ses attaques virulentes qui paraissent dans la presse contre ce qu'ils appellent la MINURSO à la solde du Polisario, toutes choses qui furent commentées et regrettées par le Secrétaire Général Annan qui a demandé de les éviter.

Il n'y a rien de tel que ces démonstrations spontanées ou que cette liberté de la presse au Maroc et on peut se demander pourquoi le Maroc essaye de discréditer le processus sur lequel il s'est engagé aux Accords de Houston.

Plus significatif encore, dans une boule rouge enflammée ou plus exactement une note enflammée, le Ministre de l'Intérieur Driss Basri a fait passer cette année des instructions aux Gouverneurs du Maroc pour tenir des ateliers ethniques permettant aux Marocains de se faire passer pour des Sahraouis dans les sessions d'identification.

Plus décourageant que tout, le Maroc a passé toutes ces années à attirer des dizaines de milliers de Marocains pour s'installer au Sahara Occidental avec subsides et exemptions d'impôts.

Layoune, la capitale a d'énormes villages de tentes remplies de ces aventuriers, comme l'a noté l'Economiste, le Maroc dépense pour développer le port et l'approvisionnement en eau sans se soucier du rapatriement d'un grand nombre d'immigrants marocains.

Le mois de juin est d'importance pour l'avenir du référendum. La situation à la fin de mai sera déterminante pour savoir si le Conseil de Sécurité autorisera à continuer. Kofi Annan en a dit autant. Comme enjeu, il n'y a pas seulement une autre nouvelle pagaille aux Nations Unies ou même la paix dans un endroit ou quelques personnes dont on n'avait jamais entendu parler avant J. Baker se sont trouvées impliquées, mais des incidences importantes.

La stabilité de toute la région et pour d'autres le pouvoir des Nations Unies d'effectuer ce qui devrait être une opération classique à grand éclat pour le maintien de la paix.

Selon l'Economiste le monde n'a pas à entrer en guerre chaque fois qu'un despote s'attribue un morceau de terre mais les principes sont évoqués quand il y a résistance comme au Koweit et ils ne devraient pas être oubliés dans les modern Anschluss comme l'occupation de Timor Oriental et l'invasion du Sahara Occidental par le Maroc.

Dans "Comment les démocraties disparaissent", J. F Revel dit que "le talent unique des communistes pour créer la non information" était l'occupation chinoise du Tibet ou aucune information ne parut qui aurait pu perturber la Sinolatrie de l'ouest. Il l'appela "Génocide presque parfait qui se déroula dans le plus parfait secret". Le Maroc a emprunté une page du livre chinois envahissant et colonisant le Sahara Occidental sans attirer la colère ou l'attention mondiale, se présentant comme un grand ami de l'ouest tandis qu'il foule aux pieds le droit des Sahraouis à décider de leur avenir, que devaient protéger les Nations Unies comme il était dit quelque part dans la charte.

La lumière du soleil est le meilleur désinfectant a dit Justice Brandeis. L'attribution du prix Nobel de la Paix à l'Evêque Beto et José Ramos Horta porta le massacre par les Indonésiens du peuple de Timor Oriental sur la scène mondiale. Un acteur de cinéma et des héros aussi invraisemblables que les Beastie Boys parmi d'autres groupes rocks ont fait de la soumission du Tibet par la Chine une cause à défendre pour la nouvelle génération. Peut-être un autre genre de célébrité, un homme politique tel que James Baker aidera-t-il à briser le monde du silence à propos des massacres du Roi Hassan au Sahara Occidental.

Voltaire disait qu'il était inutile de recourir à la loi pour empêcher un roi de prendre ce qu'il convoite, comme de vouloir rétablir un code pour les voleurs de grand chemin. Dans cette seconde moitié du siècle, il sera intéressant de voir si le roi du Maroc peut encore fouler aux pieds les règlements de la Communauté des Nations Unies comme il aurait pu le faire à l'époque de Voltaire?


Frank Ruddy est associé du Cabinet Ruddy et Muir. Il est membre du Barreau à New York et au Texas. Il a un diplôme de LLM (New York Uniservisty et Ph (Cambridge) en droit international et a enseigné le droit international à Cambridge. Il est l'auteur d'un livre de droit international, ancien rédacteur en chef du Juriste International et avec Richard Baxter de l'Université de Droit de Harvard et de la Cour Internationale fut rédacteur des Affaires Juridiques Internationales Américaines dans le volume 31.
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